Corps souillé d'écumes laiteuses séchées sur un visage blanc. Derrière les paupières, les dernières images, confuses et morcelées, errent dans le vitré. Les doigts sont crispés dans un élan de sauvagerie : visages griffés de l'ennemi, boues de terre et de sang sous les ongles.
Brûlures de mains sur les flancs, chairs empoignées et peau qui peine - les veines se figent. Les genoux ont creusé la terre, la terre a creusé les genoux, et les jambes ont tenté de fuir la béance ricanante : la victoire de l'autre, le dernier, qui toise, le dégoût de la mort sur les lèvres. Humeurs salées qui coulent le long des jambes. Étrange tableau du devenir : la chose est morte. Le vivant de l'extérieur, déjà, s'apprête à grouiller, mordre, dissoudre sous un voile d'humus à venir.
Sous votre regard, je suis l'objet. Vos dents se referment sur moi, vos doigts me fouillent. Je suis le gibier à vider. Votre regard si doux qui m'anéantit, j'en rêve depuis l'enfance ; je sens vos ongles plantés dans ma peau depuis toujours. Votre violence dans mon ventre de poupée qui parle. Éructant à mon oreille, alors que vous êtes sur moi, la main sur ma bouche.
samedi 14 novembre 2009
La sublimation tenue en échec
Corps souillé d'écumes laiteuses séchées sur un visage blanc. Derrière les paupières, les dernières images, confuses et morcelées, errent dans le vitré. Les doigts sont crispés dans un élan de sauvagerie : visages griffés de l'ennemi, boues de terre et de sang sous les ongles.
Brûlures de mains sur les flancs, chairs empoignées et peau qui peine - les veines se figent. Les genoux ont creusé la terre, la terre a creusé les genoux, et les jambes ont tenté de fuir la béance ricanante : la victoire de l'autre, le dernier, qui toise, le dégoût de la mort sur les lèvres. Humeurs salées qui coulent le long des jambes. Étrange tableau du devenir : la chose est morte. Le vivant de l'extérieur, déjà, s'apprête à grouiller, mordre, dissoudre sous un voile d'humus à venir.
Sous votre regard, je suis l'objet. Vos dents se referment sur moi, vos doigts me fouillent. Je suis le gibier à vider. Votre regard si doux qui m'anéantit, j'en rêve depuis l'enfance ; je sens vos ongles plantés dans ma peau depuis toujours. Votre violence dans mon ventre de poupée qui parle. Éructant à mon oreille, alors que vous êtes sur moi, la main sur ma bouche.
Brûlures de mains sur les flancs, chairs empoignées et peau qui peine - les veines se figent. Les genoux ont creusé la terre, la terre a creusé les genoux, et les jambes ont tenté de fuir la béance ricanante : la victoire de l'autre, le dernier, qui toise, le dégoût de la mort sur les lèvres. Humeurs salées qui coulent le long des jambes. Étrange tableau du devenir : la chose est morte. Le vivant de l'extérieur, déjà, s'apprête à grouiller, mordre, dissoudre sous un voile d'humus à venir.
Sous votre regard, je suis l'objet. Vos dents se referment sur moi, vos doigts me fouillent. Je suis le gibier à vider. Votre regard si doux qui m'anéantit, j'en rêve depuis l'enfance ; je sens vos ongles plantés dans ma peau depuis toujours. Votre violence dans mon ventre de poupée qui parle. Éructant à mon oreille, alors que vous êtes sur moi, la main sur ma bouche.
La sublimation tenue en échec
Corps souillé d'écumes laiteuses séchées sur un visage blanc. Derrière les paupières, les dernières images, confuses et morcelées, errent dans le vitré. Les doigts sont crispés dans un élan de sauvagerie : visages griffés de l'ennemi, boues de terre et de sang sous les ongles.
Brûlures de mains sur les flancs, chairs empoignées et peau qui peine - les veines se figent. Les genoux ont creusé la terre, la terre a creusé les genoux, et les jambes ont tenté de fuir la béance ricanante : la victoire de l'autre, le dernier, qui toise, le dégoût de la mort sur les lèvres. Humeurs salées qui coulent le long des jambes. Étrange tableau du devenir : la chose est morte. Le vivant de l'extérieur, déjà, s'apprête à grouiller, mordre, dissoudre sous un voile d'humus à venir.
Sous votre regard, je suis l'objet. Vos dents se referment sur moi, vos doigts me fouillent. Je suis le gibier à vider. Votre regard si doux qui m'anéantit, j'en rêve depuis l'enfance ; je sens vos ongles plantés dans ma peau depuis toujours. Votre violence dans mon ventre de poupée qui parle. Éructant à mon oreille, alors que vous êtes sur moi, la main sur ma bouche.
Brûlures de mains sur les flancs, chairs empoignées et peau qui peine - les veines se figent. Les genoux ont creusé la terre, la terre a creusé les genoux, et les jambes ont tenté de fuir la béance ricanante : la victoire de l'autre, le dernier, qui toise, le dégoût de la mort sur les lèvres. Humeurs salées qui coulent le long des jambes. Étrange tableau du devenir : la chose est morte. Le vivant de l'extérieur, déjà, s'apprête à grouiller, mordre, dissoudre sous un voile d'humus à venir.
Sous votre regard, je suis l'objet. Vos dents se referment sur moi, vos doigts me fouillent. Je suis le gibier à vider. Votre regard si doux qui m'anéantit, j'en rêve depuis l'enfance ; je sens vos ongles plantés dans ma peau depuis toujours. Votre violence dans mon ventre de poupée qui parle. Éructant à mon oreille, alors que vous êtes sur moi, la main sur ma bouche.
La sublimation tenue en échec
Corps souillé d'écumes laiteuses séchées sur un visage blanc. Derrière les paupières, les dernières images, confuses et morcelées, errent dans le vitré. Les doigts sont crispés dans un élan de sauvagerie : visages griffés de l'ennemi, boues de terre et de sang sous les ongles.
Brûlures de mains sur les flancs, chairs empoignées et peau qui peine - les veines se figent. Les genoux ont creusé la terre, la terre a creusé les genoux, et les jambes ont tenté de fuir la béance ricanante : la victoire de l'autre, le dernier, qui toise, le dégoût de la mort sur les lèvres. Humeurs salées qui coulent le long des jambes. Étrange tableau du devenir : la chose est morte. Le vivant de l'extérieur, déjà, s'apprête à grouiller, mordre, dissoudre sous un voile d'humus à venir.
Sous votre regard, je suis l'objet. Vos dents se referment sur moi, vos doigts me fouillent. Je suis le gibier à vider. Votre regard si doux qui m'anéantit, j'en rêve depuis l'enfance ; je sens vos ongles plantés dans ma peau depuis toujours. Votre violence dans mon ventre de poupée qui parle. Éructant à mon oreille, alors que vous êtes sur moi, la main sur ma bouche.
Brûlures de mains sur les flancs, chairs empoignées et peau qui peine - les veines se figent. Les genoux ont creusé la terre, la terre a creusé les genoux, et les jambes ont tenté de fuir la béance ricanante : la victoire de l'autre, le dernier, qui toise, le dégoût de la mort sur les lèvres. Humeurs salées qui coulent le long des jambes. Étrange tableau du devenir : la chose est morte. Le vivant de l'extérieur, déjà, s'apprête à grouiller, mordre, dissoudre sous un voile d'humus à venir.
Sous votre regard, je suis l'objet. Vos dents se referment sur moi, vos doigts me fouillent. Je suis le gibier à vider. Votre regard si doux qui m'anéantit, j'en rêve depuis l'enfance ; je sens vos ongles plantés dans ma peau depuis toujours. Votre violence dans mon ventre de poupée qui parle. Éructant à mon oreille, alors que vous êtes sur moi, la main sur ma bouche.
vendredi 7 août 2009
Une soirée sans Gewurtz'
Tuer un peu le temps à la gare de Gif, à regarder la lune ronde, à retrouver la mémoire de l'humanité étonnée par ses incessants changements de forme, par les taches sombres - des lacs ? les constructions des Sélénites ? les immenses champs de blé ? Combien de vers, de légendes nourries par cet astre parmi les plus beaux, parce qu'accessible peut-être, parce que visible sans qu'il ne brûle l'œil. Sa lumière pâle éclairait faiblement les nuages. Et qu'elles sont agréables ces nuits d'été lorsque l'on peut s'abandonner à la contemplation, lorsque nos particules de pensées se diffusent dans l'air encore chaud, en croisent d'autres, parfois très anciennes, parfois même celles d'hommes morts depuis des milliers d'années.
Les pensées que nous échangeons, Juliette et moi, en nous regardant simplement, bruissent encore autour de moi. Est-ce parce que nous avons parlé ce soir, comme tant d'autres soirs, de nos vieilles amours, de la naissance du sentiment amoureux (la façon dont il s'installe, parfois tout à fait discrètement, sur la surface mouvante, rugueuse et souple de cette épaisseur assez étrange, qui appartient autant à notre dedans qu'à notre dehors - tout à la fois le Corps de l'intérieur et l'Esprit de l'extérieur. Une fois n'est pas coutume, nous n'avons pas bu de Gewurtz ce soir et deux bières fraîches ont suffi à me mettre dans un état un peu flottant. Je m'en rends bien compte en alignant ces phrases qui ne veulent pas dire grand-chose. Mais vous lisez tout de même un peu entre les lignes, n'est-ce pas ? Vous pressentez bien comme moi la menace ? Je dois sembler bien inconstant. Un écueil chasse l'autre. Mais comment combler les vides, les ravins au bord des chemins en lacets ? Et malgré tout, il y a une cohérence que j'aimerais pouvoir confier, mais ce n'est pas le lieu, évidemment.
Quel bonheur de connaître Juliette, de pouvoir tout dire, toujours, sans avoir à dérouler le long fil du temps, graisseux de souvenirs tristes, rompu par endroits, rafistolé au petit bonheur la chance, abîmé par ces histoires détricotées ; ou alors fort des bonheurs intacts qui sont la corde qui nous maintient au-dessus du gouffre lorsque le sol semble se dérober. Et Juliette qui a souvent tenu la corde, comme j'ai tenté, à l'occasion, de tenir la sienne. Pouvoir tout dire, ici comme ailleurs, au prix de l'impudeur charmante (pardonnez-moi). Impossible. Et pour quoi faire d'ailleurs ? Est-ce que quelque chose émerge ? Devinez-vous ?
Les pensées que nous échangeons, Juliette et moi, en nous regardant simplement, bruissent encore autour de moi. Est-ce parce que nous avons parlé ce soir, comme tant d'autres soirs, de nos vieilles amours, de la naissance du sentiment amoureux (la façon dont il s'installe, parfois tout à fait discrètement, sur la surface mouvante, rugueuse et souple de cette épaisseur assez étrange, qui appartient autant à notre dedans qu'à notre dehors - tout à la fois le Corps de l'intérieur et l'Esprit de l'extérieur. Une fois n'est pas coutume, nous n'avons pas bu de Gewurtz ce soir et deux bières fraîches ont suffi à me mettre dans un état un peu flottant. Je m'en rends bien compte en alignant ces phrases qui ne veulent pas dire grand-chose. Mais vous lisez tout de même un peu entre les lignes, n'est-ce pas ? Vous pressentez bien comme moi la menace ? Je dois sembler bien inconstant. Un écueil chasse l'autre. Mais comment combler les vides, les ravins au bord des chemins en lacets ? Et malgré tout, il y a une cohérence que j'aimerais pouvoir confier, mais ce n'est pas le lieu, évidemment.
Quel bonheur de connaître Juliette, de pouvoir tout dire, toujours, sans avoir à dérouler le long fil du temps, graisseux de souvenirs tristes, rompu par endroits, rafistolé au petit bonheur la chance, abîmé par ces histoires détricotées ; ou alors fort des bonheurs intacts qui sont la corde qui nous maintient au-dessus du gouffre lorsque le sol semble se dérober. Et Juliette qui a souvent tenu la corde, comme j'ai tenté, à l'occasion, de tenir la sienne. Pouvoir tout dire, ici comme ailleurs, au prix de l'impudeur charmante (pardonnez-moi). Impossible. Et pour quoi faire d'ailleurs ? Est-ce que quelque chose émerge ? Devinez-vous ?
mercredi 1 juillet 2009
D'un couple de fous
J'ai revu ce matin cet amusant couple de fous que j'avais un peu perdus de vue, et dont le burlesque m'a souvent porté aux limites du fou rire. Elle, a une grosse trentaine d'années, les cheveux châtains coupés assez courts, et se cale invariablement contre la vitre. Mutique, parfaitement immobile, le regard en dedans. Lui, est un peu plus âgé, nettement dégarni, un peu grassouillet. Surtout, il est particulièrement volubile, parle sans interruption à sa jeune compagne d'une voix flûtée et sonore. Je crois n'avoir jamais vraiment compris ce qu'il lui raconte, à elle qui n'écoute pas, ou un peu. Ce matin, tout en parlant, il avait posé sa main bien à plat sur le sommet de la tête de la jeune fille. J'imagine que ce poids devait finir par être pénible, mais elle ne bronchait pas. Elle est patiente, je crois, ou ailleurs.
C'est toujours très amusant de voir la tête des passagers qui les découvrent pour la première fois. Beaucoup ont le sourire aux lèvres, cherchent une complicité dans un regard, manquent de rire - car, et je le dis vraiment sans méchanceté, ces deux-là sont vraiment très drôles - ; d'autres, bien plus rares, sont pris d'une gêne incoercible et cherchent littéralement à s'enfuir, dès qu'ils le peuvent, plongeant, en attendant, les mains dans un sac soudain profond ou le nez dans le journal.
La première fois que je les ai rencontrés, il y a peut-être deux ans, c'est sa voix à lui qui avait attiré mon attention. Puis j'avais vu le visage hilare de l'homme qui leur faisait face : tout en lui parlant, le bavard malaxait avec beaucoup d'énergie le sein gauche de la jeune femme imperturbable.
Scène de répétition générale à la clinique de La Borde,
avant la représentation annuelle de la pièce de théâtre
(Nicolas Philibert, La moindre des choses, 1996)
avant la représentation annuelle de la pièce de théâtre
(Nicolas Philibert, La moindre des choses, 1996)
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