Je vais devoir quitter cet appartement, ce qui n’est véritablement ni heureux ni triste, ce qui est juste pénible : quitter un lieu sans l’avoir décidé. Le quartier va me manquer, et l’immeuble, et la vieille gardienne, et je ne suis sans doute pas près de pouvoir à nouveau habiter un appartement aussi central à un prix aussi raisonnable, et il va falloir que je sacrifie sans doute surface et localisation. C’est beaucoup pour se réjouir d’un déménagement à venir…
Surtout, il va falloir se coltiner ces visites qui vous font perdre votre temps (« 27 m2 ? Vous vouliez sans doute dire 27 m3 ! »), et la concurrence… D’ailleurs, visite hier d’un studio près du Père-Lachaise, visite organisée par le propriétaire en personne, un monsieur en costume d’une centaine d’années, très capitaine d’industrie pompidolien, et qui nous fait pénétrer dans son bien au rythme effréné d’un par un, avant de nous faire remplir un questionnaire à mon sens à la limite de la légalité – mais la quarantaine de postulants en présence prouvait bien que le rapport de force ne penchait pas en notre faveur… « Une lettre de motivation », réponds-je à la jeune fille, arrivée après moi, qui me demande ce que je suis en train d’écrire.
Tout cela a l’air d’une farce. « C’est long ! », gémit-elle. Je ne résiste pas :
J’aimerais qu’il comprenne qu’il pourrait simplement emporter ses papiers jusqu’à la poste du coin et procéder à l’ancienne : photocopies, enveloppe, timbre. Mais il fait celui qui ne comprend pas : tout de même, c’est bien embêtant cette imprimante…
Je n’ai pas eu l’appartement.
Surtout, il va falloir se coltiner ces visites qui vous font perdre votre temps (« 27 m2 ? Vous vouliez sans doute dire 27 m3 ! »), et la concurrence… D’ailleurs, visite hier d’un studio près du Père-Lachaise, visite organisée par le propriétaire en personne, un monsieur en costume d’une centaine d’années, très capitaine d’industrie pompidolien, et qui nous fait pénétrer dans son bien au rythme effréné d’un par un, avant de nous faire remplir un questionnaire à mon sens à la limite de la légalité – mais la quarantaine de postulants en présence prouvait bien que le rapport de force ne penchait pas en notre faveur… « Une lettre de motivation », réponds-je à la jeune fille, arrivée après moi, qui me demande ce que je suis en train d’écrire.
Tout cela a l’air d’une farce. « C’est long ! », gémit-elle. Je ne résiste pas :
- C’est à cause du coton-tige…Je me demande si j’aurais le courage – au cas où l’occasion se présenterait – de pousser le vieux dans l’escalier. Probablement. Petite humiliation supplémentaire : à bientôt 36 ans, fonctionnaire, je dois demander à mon père s’il accepte d’être mon garant. Comprenant que je suis en quelque sorte son otage, il en profite pour me coincer avec ses problèmes d’imprimante. Très sain. Cette fois, son scanner-imprimante accepte de faire des photocopies, mais pas de scanner… Ah finalement, ça n’imprime pas non plus. Pourtant, l’engin a été changé il y a un mois et les cartouches sont neuves… Serait-ce une bonne chose de tenter de la réinstaller ? « Attends cinq minutes, j’essaie de la réparer juste avec la force de mon esprit… »
- Quoi ?!
- Oui, il fait des prélèvements ADN, mais il n’a qu’un coton-tige, alors il le rince entre chaque prélèvement…
J’aimerais qu’il comprenne qu’il pourrait simplement emporter ses papiers jusqu’à la poste du coin et procéder à l’ancienne : photocopies, enveloppe, timbre. Mais il fait celui qui ne comprend pas : tout de même, c’est bien embêtant cette imprimante…
Je n’ai pas eu l’appartement.