samedi 15 septembre 2012

Souvenirs des dernières vacances

« Est-ce que cette fois je vais avoir le droit de me baigner ? Je pars en vacances dans trois jours… » 
Le docteur O. m’a répondu oui en souriant, mais a pris le soin d’ajouter « mais pas à la piscine… à cause de la promiscuité ». 

Je m’étais imaginé être la proie d’émotions beaucoup plus violentes dans l’eau. Après tout, cela faisait deux ans que je ne m’étais pas baigné. Et puis non… 
D’ailleurs, la première fois, l’eau du gave m’a semblé à ce point froide que j’ai bien failli renoncer. 
Mais il n’y avait pas rien. C’était intérieur et serein. Je retenais mon souffle aussi, pas bien certain de croire à tout cela, et avec le poids des consignes : prendre une douche soigneuse après.

Il n’y avait pas rien. 
G. et J. ont mis cela sur le compte de mon incapacité ancienne à manifester mon enthousiasme. Ce n’est pas cela. Pas seulement. Comment le dire… J’ai eu peur, tellement, de ne jamais revoir les paysages du sud-ouest… Tout le reste n’est que luxe. 








jeudi 13 septembre 2012

Boutinades... nouvelle saison

Je crois avoir lu que Christine Boutin réclamait un référendum national sur la question du mariage homosexuel et de la possibilité d'adopter. Si on le lui refuse, attention, ça va faire très mal, elle ne répondra plus de rien, ce qu'elle a, c'est de la bombe atomique... Hé oui, si on le lui refuse, elle entame une grève du sexe.
Je suis fatigué d'avance par toutes les niaiseries (je ne parle même pas des injures) que l'on va devoir entendre sur la fin tout-à-trac de la civilisation et de l'ordre symbolique, sur la menace de la béance morale et j'en passe.
Je suis fatigué d'avance par la surexposition médiatique dont elle va bénéficier, et par avance encore je le précise : je me contrefous de ce que pense son très bon ami coiffeur homosexuel.

mardi 11 septembre 2012

"Là, tout n'est qu'ordre et beauté..."

... mais pas seulement.


La première a été prise en Espagne, à Valcarlos. Je me demande s'il faut y voir un hommage un peu délirant à la Révolution française ou une promesse pour l'avenir...

lundi 20 août 2012

Sans titre

Une dame très souriante, toute bronzée, venue là accompagner son mari, dit à son voisin de table : « Tout de même, quelle contrainte, ces médicaments ! » Je n'entends pas la réponse du jeune homme auquel elle s'est adressée, mais tout dans la physionomie de la femme (son hochement de tête, son regard) dit alors la soudaine résignation, faute d'alliance. Cet échange illustre parfaitement les mécanismes de renforcement à l’œuvre : il n'y a pas beaucoup de place pour la dissonance et je nous fais parfois l'effet d'être des pèlerins du Mayflower : nous rendons des grâces en veux-tu en voilà et, surtout, pas le droit de se plaindre : on plante son maïs et on avale sa dinde sans broncher ! Je me demande si rassembler ainsi les malades pour les faire patienter pendant des heures ne relève pas, d'ailleurs, de la stratégie véritable visant le renforcement : nulle place pour le doute ou le relâchement ! Dans le cas contraire, on en repart tout honteux.

Le petit garçon a eu une biopsie - l'une des premières, je pense. Quand je lui ai demandé comment ça s'était passé, il a grimacé et a mimé « moyen » de sa main. Il a ajouté qu'il avait mal au cou. Et la grimace doit être bien en deçà de la réalité... Impasse intellectuelle, psychologique, métaphysique - que sais-je encore - totale : comment peut-on imposer cela à un enfant ? Par « cela », j'entends « maladie » (et non « traitement »), mais je suis bien emmerdé si je dois expliquer ce que je mets derrière « on ». Toutes les réponses me sont odieuses.

Un des infirmiers m'a dit hier qu'il allait bientôt quitter le service pour redevenir mobile (« rejoindre le pool »). C'est dommage, je l'aimais bien avec son sourire toujours prêt à éclater et la façon qu'il avait d'immédiatement me rejoindre dans mes délires. Je crois bien que c'est lui qui m'avait tenu la main pendant la première biopsie, notamment au moment où le cœur « tachycarde ». Nous avons à l'égard des soignants bienveillants une dette terrible, quand bien même « notre besoin de consolation est impossible à rassasier »...

La répétition d'actes de soin, de semaine en semaine ou de mois en mois, crée une sorte d'hypersensibilité chez le soigné : la moindre inflexion de la voix, la plus petite hésitation, le plus anodin haussement de sourcil nous jettent au pied de l’abyme. Pour autant, nous ne pouvons nous souhaiter des actes mécaniques...

dimanche 19 août 2012

D’où vient que le lieu ne comble jamais tout à fait mon rêve du lieu ? – et en écrivant cela, je pense exclusivement au vertige des vallées, à la hiérophanie des hauteurs ou à l'horizon océan.
J’ai longtemps cru, non sans me sentir coupable d’ailleurs, que c’était un caprice citadin ou de blasé. Il n’en est rien. Tout en arpentant l’immense plage normande d’où l'eau s’est loin retirée, je comprends que c’est un problème de temporalité.
Car c’est le minéral en moi qui vibre pour ces lieux, pour leur souvenir dès que j’en suis éloigné. Au plus profond, une impatience millénaire, et un temps pareillement éternel qu’il me faudrait leur rendre (mon usure de pierre à flanc du mont Artzamendi) – ce qui est évidemment impossible. Se serre sur ma gorge la nostalgie d’un temps où sans doute je le pouvais.
>> Naissance des roches

mardi 14 août 2012

Mystère au lavoir municipal*

Je renoue (pour un temps ?) avec l’usage de la laverie. Là où les chaussettes se séparent définitivement. Un lieu généralement folklorique.
Lorsque je vivais encore à Montrouge, une clocharde très avinée s’incrustait régulièrement dans mes lectures. Elle avait une certaine prédilection pour les bandes dessinées. Une fois, deux types un peu shootés avaient cru bon régler un différend à coups de tessons de bouteille… Contourner les pompiers et la mare de sang pour sortir le linge du séchoir en me demandant si c’était bien l’aspirine qui ôtait les tâches d’hémoglobine. Au cas où.
Rien de tout cela pour l’instant. Tout au plus d’ahuris impolis qui ne vous rendent pas votre salut et vous regardent avec leurs yeux de merlan fris. Mais une curiosité- que dis-je : une incongruité qui confine au mystère : la porte du tout petit local où sont stockés les produits d’entretien est munie d’un… œilleton. Et j'espère qu'il ne s'agit pas d'une location, car la pièce est minuscule...
Sommes-nous espionnés par un fétichiste qui espère nous surprendre dévêtus ? S’agit-il là de la cache d’un contrebandier ? Le gérant s’est-il aménagé un moyen de surveiller les incivilités ? Ce placard a-t-il une autre entrée ?
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* : l'expression "lavoir municipal" est de ma tante.